Je témoigne aujourd'hui de l'expérience de la psychothérapie que j'ai suivie avec vous Madame Le Meur.
Dans vos cabinets successifs, qui furent autant de refuges où la parole occupait toute la place qu’elle mérite, où je me savais aussi écoutée qu’entendue, où je me sentais la licence d’être moi, j’ai très vite compris qu’il était vain de craindre votre regard. Certes, je l’ai fui parfois ; soit pour mieux me concentrer et trouver mes mots, soit pour tenter de retenir mes larmes (…ce qui ne durait jamais très longtemps, d’ailleurs !). Ce regard, le vôtre, donc, je l’ai cherché, aussi, pour essayer – tout aussi vainement, je l’ai très vite compris ! – de lire dans vos yeux quelque réponse à mes questions. Celles que je trimballais dans ma lourde musette lorsque - figée d’angoisses au pluriel - j’ai poussé votre porte pour la première fois.
Je n’ai jamais eu peur de parler, disais-je, mais aujourd’hui j’ai préféré prendre la plume. Je ne saurais trop comment expliquer au quidam ce que l’on trouve dans le cabinet du / de la thérapeute qu’on s’est choisi, ni ce que l’on découvre de soi. SUR soi. Ce que je sais, c’est que – dans ce travail à mes côtés - vous avez agi comme une éclaireuse. Vous avez, mois après mois, séance après séance, accompagné mes pas ; et vous m’avez montré comment allumer, les unes après les autres, ces petites lumières qui rendent un chemin de vie moins obscur, moins incertain, moins effrayant, et donc plus serein. Certes, celui-ci n’en reste pas moins périlleux, tant il peut être escarpé, pentu, et même parfois étroit. Mais au moins y a-t-on des repères pour avancer ; des balises auxquelles se raccrocher. Sans vous, je ne les aurais pas trouvées. Pour tout cela, déjà, un immense « merci ».
Écoutée, entendue, comprise, accompagnée, je me suis également sentie libre. Lorsque la vie vous bouscule, que plus rien ne semble vraiment à sa place, qu’un rien vous empêche, ou que tout part à vau-l’eau, on goûte le plaisir de pouvoir se retrouver. Sans frein, sans obstacle, sans honte. Sans peur, non plus, d’être jugée. Ce soulagement, je l’ai trouvé sur ce sofa, entre deux coussins, à la fois portée par l’envie de dire vrai et encouragée par – je me répète – tous ces petits lumignons que vous allumiez patiemment sur ma route. Combien de fois ai-je aussi fixé longuement le petit panier de crayons pastels qui semblaient me dire « écris ce que tu penses » ? Ou misé sur ces pierres et autres cailloux savamment exposés sur l’étagère de votre cabinet pour me donner la force de dire les choses ? J’espérais le jeu des cartes tirées au sort et vous me tendiez des mouchoirs ; je redoutais le « jeu du tabouret » mais jubilais dès, qu’à la fin, vous vous exclamiez « Voilààààà ! ». Alors rien ne dit que, dans les années qui viennent, je sache exclusivement parler avec mes émotions plutôt qu’avec ma tête ; que j’accepte de dire « c’est pas le top… » plutôt que « tout va bien », mais ce que vous m’avez aidé à comprendre de moi, sur moi, tout ceci est bel et bien acquis. Grâce à vous. Grâce à nous.
Enfin, merci de ne voir aucun transfert dans cette courte missive. Si tel avait été le cas, je vous aurais déjà invitée à passer un week-end dans un camping des Landes avec ma tribu ou conviée à une sortie shopping au moment des soldes. Rien de tout cela : juste une infinie reconnaissance et la chance immense, que je mesure, de vous avoir trouvée sur mon chemin.