Les nouvelles thérapies

Les nouvelles thérapies

Un retour aux sources

Publié le dimanche 02 mai 2021 à 20h24

Au-delà de des Psychologies Humanistes et Existentielles

Dans mon précédent sujet, De la Psychiatrie à la Psychothérapie, je vous annoncais les avancées de la psychothérapie à partir de la base psychanalitique. Nous ne pouvons en rester là !

La Psychologie transpersonnelle

Ici Stanislav Grof, âgé de 89 ans

Grâce entre autre à Maslow, une nouvelle dimension est prise en compte, c'est la dimension spirituelle / transpersonnelle, cette aspiration à plus grand que soi, la prise en compte de quelque chose qui nous dépasse et nous transcende. Entendons-nous bien sur la définition de l'adjectif transcendant : dont la qualité propre est de dépasser le naturel ou l'ordinaire (CNRTL - centre national de ressources textuelles et lexicales).

Il manquait donc le volet spirituel à la psychothérapie. Roberto Assagioli (1888-1974), médecin neuro-psychiatre et premier psychanalyste italien, inclut dans son approche la question spirituelle, c'est-à-dire transpersonnelle. N'oublions pas qu'Assagioli est un érudit. Issu d'une famille juive, il est sensibilisé très tôt aux questions spirituelles. En outre, sa mère s'intéresse à la théosophie, une pensée mystico-ésotérique fondée par Mme Blavatsky, très populaire dans la bourgeoisie de l'époque. Il a aussi été militant pacifiste durant la Seconde Guerre mondiale et emprisonné par Mussolini. On raconte qu'il aurait mis à profit son emprisonnement pour expérimenter et affiner certaines méthode de connaissance de soi comme la méditation et la visualisation. C'est également un grand voyageur qui parle couramment sept langues ! Il crée la première école de psychosynthèse en 1926.

La psychosynthèse intègre donc dans son approche conceptuelle, et dans ses techniques de travail (très important!), la dimension spirituelle aux dimensions du corps, des émotions et du mental (comme en psychologie humaniste et existentielle). En effet, la « crise spirituelle » peut prendre la forme d'une dépression par exemple, d'un retrait ou isolement dû à un sentiment de solitude ou d'incompréhention de la part des autres. Il faut donc des thérapeutes sensibilisés à cette quête particulière qu'il n'est pas aisé d'identifier. La psychologie transpersonnelle répond à cette demande. Bien sûr, tout le monde ne se sent pas concerné par cet aspect. Il est toutefois capital de pouvoir répondre à cette compréhension du transpersonnel, cette dimension de ce qui nous traverse (trans) et nous dépasse, nous relie au cosmos, à l'univers ou à Dieu. Peu importe le mot que vous utilisez vous-même pour définir votre aspiration à vous réaliser autrement que matériellement.

Il est fondamental pour nombre d'entre vous de vous sentir unifié et relié. Unifié en tant que personne et relié en tant qu’âme incarnée dans un corps physique. Dans l'hindouisme, on dit que le corps est le temple de l’âme. Mais quelle est donc cette âme, tellement insaisissable ? La question fait débat depuis des lustres. Pour moi, l’âme (ou l'esprit) est dans cette dimension transpersonnelle de l'existence humaine. Trouver le sens de sa vie, c'est peut être pouvoir contacter son âme, quelques soient les moyens. Les poètes, les artistes, les écrivains, les gens de foi connaissent cette inspiration, vivent ces appels qui, justement, les transcendent et les traversent.

Assagioli a très largement contribué à développer la psychologie transpersonnelle. Si vous faites un peu attention aux dates, vous verrez que tout le petit monde dont je vous ai parlé précédemment (Freud, Jung, Maslow et Rogers) a évolué sur une période somme toute assez courte, disons sur une cinquantaine d'années, dans la première moitié du XXème siècle. Ils se connaissaient à peu près tous, échangeaient sur leurs idées, leurs divergences, faisant ainsi évoluer cette merveilleuse science humaine qu'est la psychologie.

Stanislav Grof (1931 - fondateur de la respiration holotropique) est le dernier né de cette portée d'hommes (et de femmes) qui explorent les âmes jusqu'à leurs confins. La psychologie transpersonnelle est la quatrième vague de la psychologie (après la psychanalyse, le cognitivo-comportementalisme et le courant existentiel-humaniste). Elle intègre les données philosophiques des principales traditions spirituelles (religions et chamanisme) ainsi qu’une étude approfondie des états modifiés de conscience.

Mais quittons notre monde occidental et nord américain pour voir un peu ce qui se passe ailleurs.

  Guérisseurs et Chamans

La psychothérapie transpersonnelle aurait-elle des accointances avec le chamanisme ? Dans leur excellent ouvrage « Soigner les âmes – L'invisible dans la psychothérapie et la cure chamanique », Édouard Collot et Bertrand Hell (respectivement psychiatre psychothérapeute et anthropologue du chamanisme) nous parlent de leurs échanges et de leur approche sur le terrain pour mieux comprendre l’efficacité symbolique des rituels. Tobie Nathan dans « L'influence qui guérit » nous montre que lorsqu'il s'agit de soigner des malades venus d'Afrique, du Maghreb, des Antilles, les "guérisseurs" sont bien plus efficaces que les médecins. Citons encore Carlos Castaneda (1925-1998) anthropologue et écrivain américain dont les ouvrages, très controversés, parlent de l'enseignement chamanique de la tradition toltèque qui lui ont été transmis. Et plus récemment Corinne Sombrun, spécialiste du chamanisme mongol qui collabore  à des recherches sur les états modifiés de conscience depuis 2006 avec Piere Etevenon (directeur honoraire à l'INSERM). Ou encore Mathieu Ricard qui « prête » son cerveau de méditant bouddhiste aux neurosciences.

Ce qui ne peut être compris et expliqué est souvent rejeté. Tout ne rentre pas dans des éprouvettes et certaines expériences ne peuvent être répétées à l'identique pour faire l'objet de vérifications ou de statistiques. Nous sommes dans des sciences humaines. L'accès à des mondes différents (ou plutôt aux mondes que nos sens ordinaires ne permettent pas de connaître) a toujours fasciné l’homme qui tente plus aujourdhui encore de lever ce voile invisible.

La génération des 20-30 ans a grandi dans la Magie, et c'est un grand signe des temps ! Je ne citerai qu'Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux, vous laissant le soin de rallonger la liste... Euh, les auteurs sont bien sûr des générations précédentes ! « Le XXIe siècle sera mystique ou ne sera pas » disait André Malraux en 1968. Cette citation, souvent paraphrasée ou détournée, est restée dans nos mémoires.

Au fond de chacun de nous sommeille un enfant emerveillé par la magie, celle de la vie ?

Si toutes les cultures et traditions comportent des pratiques permettant l'accès à des états modifiés de conscience (rites, prières, méditations) cet accès à une autre dimension de soi et du monde peut se faire hors chemin balisé. L'accès à l'invisible, à l'inaudible, à l'inénarrable peut aussi se faire aussi sans tambour ni trompette (sans rituels donc). Accéder à son inconscient et à ses inommbrables ressources se pratique de la manière la plus simple dans les séances de psychosynthèse. Pas de grands mots, pas de chichi ni formules magiques, aucune connotation religieuse. Une écoute sensible du thérapeute, une visualisation, du dessin libre... et la magie peut opérer, juste comme ça.

Ce qui nous empêche de vivre le merveilleux en nous, d'être assez libre pour s'autoriser à vivre plus, ce sont nos attachements, nos blessures et, nos attachement à nos blessures. Et oui, nous somme un peu maso sur les bords !

La psychothérapie est un préalable au développement personnel dans la mesure où la psychothérapie en Psychosynthèse est aussi une méthode de développement personnel.


 

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